Le passé 14 décembre, le président du gouvernement régional de la Catalogne annonçait la question -ou plutôt les questions- pour un référendum d'indépendance censé avoir place le 9 novembre 2014. Les questions, qui ont déjà été critiqués pas sa laxité interprétative, sont les suivantes: «Êtes vous d’accord que la Catalogne devienne un État? Et, en cas affirmatif, souhaitez vous qu'elle soit un État Indépendant?»
Au premier abord cette question
arborescente peut paraître étrange aux non initiés au contexte
catalan. En fait, même aux indépendantistes leur est parue comme
une trahison au clameur populaire largement exprimé par les deux
manifestations monstre des Diadas
–fêtes nationales de la Catalogne– de 2012 et 2013, qui visait
une question unique aboutissant seulement au Oui et au Non, c'est a
dire, a la validation ou l'invalidation des prétentions majoritaires
des souverainistes.
Cependant,
cette question a eu la vertu à unir cinq forces politiques très
différentes, desquelles il y en a deux qui ne sont pas ouvertement
indépendantistes, mais qui visent a un changement de status pour
cette région du nord-est de l'Espagne. En plus, l'accord sur la
question et la date du référendum, a réussi a mettre d'accord des
partis qui couvrent tout l'arc idéologique, des démocrates-chrétiens
d'Union Démocratique pour la Catalogne, aux anticapitalistes des
Candidatures d'Unité Populaire (CUP), avec pour pivots centraux du
construct, les libéraux de droite de Convergence Démocratique de la
Catalogne (qui sont en coalition avec Union [appelés Convergence et
Union, CiU] mais qui affichent un caractère différent, étant
ceux-ci la force majoritaire dans la coalition), les
sociales-démocrates de la Gauche Républicaine de la Catalogne
(ERC), et l'ajouté assez important du parti de gauche et des verts,
Initiative pour la Catalogne et les Verts (ICV).
En
plus, l'accord met de la pression chez le gouvernement central, qui
jusqu’à là s'attendait plutôt a une renoncement des actions
unilatérales de la part de CiU. Le gouvernement de l'Espagne voit
son stratégie du complet déni de la possibilité d'une tel
référendum se gercer face a l'internationalisation croisante d'un
conflit que menace de devenir une vraie crise constitutionnelle.
Pour
saisir l'enjeu politique auquel nous mène cette monté en puissance
du conflit indépendantiste Catalan, c'est indispensable de
comprendre que le seul atout par lequel le gouvernement Espagnol
s'oppose a la consultation populaire, persistant dans une attitude
diamétralement opposée a celle du gouvernement Anglais face au défi
souverainiste Écossais, c'est la Constitution de 1978. Or, cette
argumentation rencontre même chez les constitutionnalistes un nombre
de détracteurs, car il serait possible déléguer temporairement à
la Catalogne les compétences pour convoquer des référendums. Il
s'agit, tout compte fait, plus d'un problème de volonté politique
que d'un obstacle légal, ce qui empêcherait les Catalans d'être
consultés.
Si
le gouvernement central eut du premier moment accédé a mener un
consultation il eut été capable d'imposer ses conditions, en termes
de participation minimale, de listes électorales, du besoin pour le
Oui d'un pourcentage majeur, etc. C'est un constat historique que
l'institution qui convoque un référendum détient tous les atouts
pour le gagner. À la place, la stratégie choisie fut celle de la
complète négation. Or, depuis la manifestation monstre de 2012 le
support pour l'indépendance a monté de 15%, et pour cause,
précisément le continuel déni de la volonté populaire, dûment
assaisonné par mantes démonstrations de mépris a l'égard de la
cause indépendantiste et de la culture Catalane. Mais même dans la
situation présente, une offre attractive en termes budgétaires et
culturels, qui fus capable de doter de la signification effective a
la «troisième vie», celle du fédéralisme, exprimé par l'option
de vote Oui (un Etat)-Non (non indépendant) serait assurément
capable de désamorcer cet conflit en faisant plaisir au gros de la
population, devenue indépendantiste face a l'inflexibilité de
Madrid.
Mais
l'Espagne n'est certainement pas une démocratie de la qualité du
Canada ou du Royaume Uni, et même si cet Non «parce que ça nous
chante» de Madrid contribue largement à la création de nouveaux
indépendantistes, comme l'ont largement admis des observateurs des
deux tendances, personne ne s'attend aujourd'hui à un changement
stratégique de la part de Madrid. De ce côté-là l'attitude
demeurera celle de l'entêtement. Celle de l'opposition d'une
constitution assimilé aux Tables de la Loi, qui néanmoins fût
modifié express en un seul weekend pour y introduire le seuil de
déficit budgétaire exigé par Berlin lors de la pseudo-intervention
Espagnole. Celle du mépris et l'injure.
C'est
par rapport à cette prévision d’immuabilité qui s'est construite
la stratégie indépendantiste, qui lis dans l'accord des questions
et de la date seulement l’énième pas vers la matérialisation
finale du conflit institutionnel qui doit empêcher le référendum
pour bien allouer l'indépendance lors d'unes élections
plébiscitaires. Des élections qui, en cas de victoire
indépendantiste, mèneraient a une Déclaration Unilatérale
d'Indépendance (DUI) légitimé par le long parcours de refus, de la
part de Madrid, a des mécanismes plus démocratiques. Déclaration
qui pourrait se voire validé par un référendum convoqué lors
d'une médiation internationale qui ne seulement Madrid ne pourrait
pont empêcher mais qui devrait, probablement, même demander pour
essayer de révoquer la DUI. La réussite ou l'échec de cet parcours
de rupture dépendrait en dernier ressort de la capacité de
mobilisation et désobéissance civile de la faction indépendantiste
lors des logiques essais de Madrid pour maintenir le contrôle de la
région. L'emploi de la Guardia Civil (la Gendarmerie), voir de
l'Armée, n'est nullement exclu des perspectives d'action étatique,
bien que sa violence devrait prendre forcement une tournure plutôt
symbolique, avec l’occupation du gouvernement régional, la
télévision publique, et d'autres centres de pouvoir. Mais, pourra
la légitimité d'un État membre de la Union Européenne résister
un tel emploi de la violence contre les actions des représentants
librement élus ? Franchement, je me'n doute.
L'Espagne
pourrait, aisément et des maintenant, agir de façon à trouver une
solution négocié au conflit. Ne sont point les occasions qui
manquent, mais la marge de négociation de Madrid, après des
décennies à agiter l'épouvantail catalan pour attirer les votes
conservateurs, n'est guère praticable. Au fond, après la conviction
catalane que ces derniers 120 années de catalanisme on finalement
échoué à cause de l'impossibilité espagnole d'assumer la réalité
plurinationale de l'État, hormis quelques expressions folkloriques
–conviction qui a mené la Catalogne à l'indépendantisme–,
maintenant c'est au pouvoir castillan de se poser cette même
question. C'est là ou se jouerait la résolution à l'amiable,
encore possible. Cet changement de mentalité demeure néanmoins fort
improbable.
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